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La crédibilité de notre société repose sur le règlement rapide de sinistres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
31-12-2009

Le Phare N°127 Pages 38 et 39 Novembre 2009

 Le Phare : Quand est-ce que Salama Assurances Algérie a commencé ses activités dans le marché algérien des Assurances ? 

M. Ahmed Hadj Mahammed : La société Salama existe depuis 2000. Elle avait commencé ses activités sous le nom d’Al Baraka Oua al Amane. Après son intégration en 2004 au Groupe Salama - Islamic Arab Insurance Company, spécialiste et leader des assurances islamiques Takaful et Retakaful,

 elle a pris en 2006 la dénomination de Salama Assurances Algérie. Ce groupe possède des filiales implantées en Tunisie (réassurance), en Algérie, en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis, au Bahrein, en Egypte, au Sénégal et en Jordanie.

Le Phare : Quels sont, aujourd’hui, les principaux indicateurs de croissance de la société Salama ?

M. Ahmed Hadj Mahammed : Salama Assurances connaît depuis 2006 une croissance appréciable dans le marché algérien. En termes de réseau, elle est déjà à 153 points de vente répartis à travers le territoire national et elle devrait dans les trois à quatre prochaines années davantage renforcer son implantation géographique.
En 2008, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 1 milliard 916 millions de dinars et au 30 Septembre 2009, elle a enregistré un chiffre d’affaires de 1 Milliard 920 millions de dinars.
Elle compte clôturer l’année 2009 à 2 Milliards 550 millions DA. Elle progresse de 35% au moment où la moyenne du marché gravite autour de 16%. D’après nos prévisions, la société table sur un chiffre de 5 milliards dans l’horizon 2012.

Le Phare : Quelles parts de marché Salama détient-elle actuellement ?

M. Ahmed Hadj Mahammed : Salama Assurances détient actuellement 3% de parts de marché dans un marché qui, faut-il le rappeler, est dominé par les assureurs publics. Son portefeuille est constitué en majorité de clients particuliers automobiles et des PME.

Le Phare : Quelle est la particularité des produits de Salama. Pourquoi parlez-vous d’assurances Islamiques ou « Takaful »?

M. Ahmed Hadj Mahammed : Les assurances « Takaful » désignent des produits en accord avec l'éthique de l'islam, et sont basées sur deux principes fondamentaux : l’assurance sous forme coopérative, la prohibition de l’intérêt et la responsabilité sociale de l’investissement.
Les intérêts générés par une partie des placements institutionnels ne sont pas injectés dans le bénéfice mais sont laissés de côté pour que les actionnaires les reversent à des œuvres caritatives. En plus de cet aspect, il faut y ajouter celui de la participation au bénéfice qui consiste à verser à tous nos assurés qui n’ont pas enregistré de sinistres une participation au bénéfice.

Le Phare : Quelle sera la place pour les assurances islamiques en Algérie ?

M. Ahmed Hadj Mahammed : Deux réponses à cette question : la première est que le marché des assurances devrait connaître un fort développement dans les dix prochaines années. La deuxième est que l’assurance Takaful, qui a démarré au Soudan et en Malaisie est en pleine croissance dans les pays du Golfe et en Arabie Saoudite.
Selon les projections de l'Institut de la Banque et de l'Assurance islamiques, le taux de croissance est estimé entre 15% et 20% et ce marché devrait atteindre les 7,4 milliards d'USD de primes en 2015. Il n’y a donc pas de raison qu’il ne gagne pas de terrain en Algérie où le potentiel est énorme. En tous cas, Salama Assurances mobilise ses ressources et ses compétences pour que ce soit le cas.

Le Phare : La profession d’assurance dépend beaucoup de la qualité du service au client. Qu’apporte Salama à sa clientèle ?

M. Ahmed Hadj Mahammed : La crédibilité de notre société repose sur le règlement rapide des sinistres ; en effet, plus de 51% des encaissements en moyenne sont réservés chaque année au paiement des sinistres, ce qui représente une des meilleures moyennes du marché. En 2007-2008, la société a créé 06 centres de services dédiés à la prise en charge rapide des assurés, en termes d’accueil, d’expertise de leurs véhicules accidentés et d’indemnisation immédiate. Cette approche permet de fidéliser la clientèle et de vendre d’autres assurances (logement – protection familiale,…). 
 
Le Phare : Le marché algérien reste dominé par la branche automobile. Cette branche est-elle également prédominante à Salama Assurances?

M. Ahmed Hadj Mahammed : Salama Assurances ne peut pas échapper aux tendances du marché. Néanmoins, sa politique consiste à fidéliser la clientèle automobile qui constitue un vecteur exponentiel pour la vente des autres types d’assurances.
En 2008, la part de la branche d’assurance automobile était de 72%. A partir de 2009, la société a commencé à adopter une démarche marketing plus dynamique en vue de développer davantage son portefeuille dans les risques « dommages » des particuliers, des Pme/Pmi et des assurances de personnes.
A titre, d’exemple, le chiffre d’affaires en assurances de personnes en 2005 était de 2 millions de DA seulement, il a atteint 95 millions de DA en 2008 et 102 millions de DA à fin Septembre 2009 ; ce qui dénote une croissance importante, notamment dans la commercialisation des nouveaux produits « Takaful prévoyance et Epargne ».
Ces produits d’assurance vie « se vendent mais ne s’achètent pas », c’est pour cela que Salama avait mis en place un réseau de conseillers à la clientèle chargés de la vente de ces nouveaux produits.
Ce réseau peut s’intensifier et être générateur de la création d’emplois et de richesses, à condition d’institutionnaliser le métier des vendeurs indépendants lesquels une fois formés pourront exercer sur le terrain, le tout à travers des textes adaptés, inscrire ces VRP à la chambre des métiers comme cela se pratique pour les artisans. Cette formule est à encourager et des milliers d’emplois seront créés.

Le Phare : La législation algérienne s’est enrichie d’une nouvelle loi en 2006 qui oblige les assureurs à séparer dès 2011 l’ «assurance dommages » de l’assurance de personnes. Comment voyez-vous l’avenir de cette branche dans le cadre de cette spécialisation ?

M. Ahmed Hadj Mahammed : L’assurance-vie qui est en effet une branche qui génère une épargne longue, dépasse les 55% des encaissements à l’échelle mondiale. En Algérie, elle est exploitée jusqu’à présent dans un contexte « multi branches ». La Loi N°06/04 du 20/02/2006 complétant et modifiant l’ordonnance N° 95/07 a instauré cette spécialisation qui sera effective à partir de 2011.
L’exploitation spécialisée des assurances de personnes reste cependant tributaire de certaines conditionnalités telles que :
- La mise en place et l’institution de réseaux de vente adaptés à la commercialisation des assurances de personnes non obligatoires (vendeurs commissionnés indépendants – bancassurance,…).
- La conception de produits d’assurance adaptés à la culture, aux besoins réels et au pouvoir d’achat des consommateurs Algériens.
- Instauration d’incitations fiscales pour les consommateurs des assurances-vie à caractère d’épargne et aux placements effectués dans cette branche par les assureurs, sachant que la rémunération actuelle des placements financiers et monétaires est inférieure au taux d’inflation.
- Exonération des assurances-vie non obligatoires de la taxe sur l’activité professionnelle.
- Développement d’une communication plus agressive en direction du marché par les assureurs...

Le Phare : Et la pratique de la bancassurance ?

M. Ahmed Hadj Mahammed : La bancassurance obéit à la loi de 2006, cependant un rapprochement avec les banques doit permettre à ces dernières d’utiliser un potentiel important afin de vendre les produits des assurances via le réseau bancaire qu’il faudra préparer et former au mieux dans la vente des services des assurances. Cette pratique possède un avenir certain sur le marché en Algérie.

Le Phare : Quelles sont les perspectives de développement du marché des assurances en Algérie ?

M. Ahmed Hadj Mahammed : Le marché Algérien des assurances recèle d’énormes potentialités dont l’exploitation demeure très insuffisante, notamment au niveau de ce que j’appelle « les vrais marchés de l’assurance », en l’occurrence ceux concernant les assurances dommages des particuliers (habitations – commerces – professions indépendantes – Pme,…) et les assurances de personnes.
Les perspectives de développement de ces marchés restent tributaires d’une plus grande atomisation des réseaux de distribution, de la formation pluridisciplinaire des ressources humaines en assurances (Ecole Nationale des Assurances), d’une meilleure gouvernance des sociétés d’assurance et d’une réglementation fiscale et professionnelle encourageante en direction de ces activités ■