Quatrième forum des assurances

Vers une plus grande protection des assurés

Une dizaine d’années après l’adoption du décret à l’origine de l’ouverture du marché des assurances aux privés, ce secteur n’a toujours pas atteint les objectifs assignés. Beaucoup d’Algériens ne croient toujours pas en l’efficacité de l’assurance sous quelque forme que ce soit ; et même si la branche de l’assurance automobile est la plus demandée, elle souffre toutefois du manque de financements. L’assurance logement reste, quant à elle, la branche la moins dynamique, en dépit de la particularité sismique du nord de l’Algérie et de la politique de sensibilisation entreprise à la fois par les autorités et les différentes compagnies d’assurances algériennes.

Ces questions ont justement été débattues les 28 et 29 novembre 2005 à l’hôtel El Aurassi qui a abrité les travaux du quatrième forum des assurances d’Alger, la dernière édition du genre. La rencontre a regroupé les représentants de compagnies d’assurances publiques et privées ainsi que nombre de courtiers d’assurances, d’agents généraux et de  professionnels étrangers. «La réforme financière», «La restructuration des entreprises publiques d’assurances», «L’adaptation des offres d’assurances aux besoins des clients» sont autant de thèmes sur lesquels se sont attardés les participants au forum. Néanmoins, le thème sur lequel les participants se sont longuement attardés est, sans nul doute, celui de la réforme de l’ordonnance 95/07. Une ordonnance qui a permis l’ouverture du marché des assurances aux opérateurs privés et la diversification des offres d’assurances proposées par les professionnels. Cette nouvelle réglementation a certes permis d’opérer un véritable changement dans le secteur, mais, de l’avis des intervenants, elle a toutefois prouvé ses limites, dix ans après sa mise en application. La réforme de l’ordonnance 95/07 «s’avère une nécessité pour répondre aux réalités actuelles», a soutenu la majorité des participants.

M. Hadj Mohammed Sebaâ, directeur des  assurances à la MF, dont la communication a été consacrée à ce thème, a estimé que la révision de ladite ordonnance doit s’articuler autour de trois axes essentiels. Il s’agit, en premier lieu, de «stimuler les activités d’assurances à travers différentes actions telles que l’élargissement de l’assurance à des groupes de personnes présentant des risques homogènes. Il est également important de traiter séparément les assurances des personnes et les assurances dommages», a indiqué M. Seba. Le deuxième axe concerne, quant à lui, l’amélioration de la sécurité financière et la bonne gouvernance de la compagnie d’assurances. Il s’agit, en troisième lieu, de réorganiser la supervision des activités d’assurances en mettant en place «une commission de supervision des assurances». Les animateurs du quatrième forum des assurances ont également brossé le tableau de la situation du secteur des assurances qui compte actuellement seize compagnies d’assurances et 450 agents généraux opérant à travers l’ensemble du territoire national.

Depuis la libéralisation du secteur, le chiffre d’affaires des compagnies d’assurances a augmenté de 272 %.  Cependant, les intervenants se sont accordé à dire que le marché est arrivé aujourd’hui à saturation, notamment en matière des produits proposés. «Depuis quelques années, le nombre de produits d’assurances proposés en Algérie est resté pratiquement invariable, avoisinant les 85 produits en tout. Le marché algérien des assurances connaît, aujourd’hui, une stagnation qualitative», a soutenu un participant. L’autre problème est celui du taux de pénétration des produits d’assurances sur le marché algérien. Un taux qui reste faible puisqu’il ne dépasse pas 0,60 % du PIB. Pour les animateurs de la rencontre, il est primordial pour les compagnies d’assurances d’adopter des politiques agressives visant à sensibiliser le public quant à l’importance de l’assurance. L’amélioration des produits d’assurances est également un défi que les compagnies d’assurances doivent relever. En marge des travaux du quatrième forum des assurances, quatre ateliers ont été organisés. Ces derniers concernent les risques naturels, les risques automobiles, le management et le métier des assurances et enfin les liens entre la formation universitaire et le secteur des assurances.

Source : "Partenaires" N° 59 du Janvier 2006 ", Mensuel de "la chambre française du commerce et d'industrie en Algérie"