Réforme financière : M. Karim Djoudi, Ministre des Finances, donne ses orientations

Lors de la journée d’étude organisée au Ministère des Finances le 30 juin, M. Karim DJOUDI a donnée ses orientations pour un nouveau souffle dans l’approfondissement dans la mise en œuvre pratique de la réforme financière. Il a notamment installé trois ateliers en charge de formuler dans un délai de dix jours des propositions concrètes dans ce sens.

EL MOUDJAHID:

Finances - Pour pouvoir affirmer qu’elles participent au développement de l’économie du pays : “Les banques doivent remplir 3 conditions essentielles”, affirme M. Djoudi Le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, a déclaré hier, à Alger que ''le montant du capital social d'une banque doit correspondre au mouvement des affaires du marché algérien''.

M. Djoudi a fait cette déclaration à la presse en marge d'une réunion avec les représentants de la place financière nationale pour débattre des réformes  financières engagées et de leur impact sur la vie économique du pays.

Pour l'argentier du pays, ''les banques ne peuvent pas venir avec un niveau de capital minimal et demander à opérer des opérations extraordinaires sur le marché algérien". A ce propos, il a considéré que les banques doivent remplir trois conditions essentielles pour pouvoir affirmer qu'elles participent au développement  de l'économie algérienne.  Outre l'importance du montant du capital social d'une banque qui doit correspondre au volume des affaires en Algérie, la deuxième condition,  a poursuivi le ministre, est la participation effective des banques au financement de l'économie algérienne.  Pour lui, le financement de l'économie nationale est ''l'élément-clé  dans l'appréciation de l'intérêt que peuvent porter les opérateurs financiers  au développement du marché.'' Les banques, a-t-il encore indiqué, doivent également marquer  leur intérêt au marché algérien "en participant aux dispositifs de financement  mis en place par les pouvoirs publics".  Interrogé sur la déclaration récente du ministre de l'Energie et  des Mines, M. Chakib Khelil, dans laquelle il s'attendait à la création, dans  les cinq prochaines années, d'un fonds souverain, M. Djoudi a  réitéré que la mise en place d'un tel placement financier nécessiterait une bonne visibilité du marché et des risques. "Il s'agit de prises de risques qui nécessitent une bonne évaluation  de la situation présente et future du marché", a-t-il expliqué.

Auparavant, dans son intervention devant les P-dg d'établissements  bancaires et d'assurances ainsi que des institutions boursières, le ministre a appelé les banques à s'impliquer davantage dans le financement de l'économie.

Sur ce point, il a estimé que ''le marché appartient à celui qui investit le plus et les banques doivent marquer leur intérêt en participant  aux dispositifs d'investissement mis en place", a-t-il noté.

L'Algérie, a-t-il soutenu, ''est un pays émergent qui connaît un développement appréciable. Ceux qui veulent participer à ce marché doivent prendre les risques  nécessaires et marquer de façon significative leur intérêt sur ce marché".

Relevant les performances macro-économiques et financières réalisées  par l'Algérie, le ministre a indiqué que le retour sur l'investissement était de l'ordre de 25% pour les banques algériennes.

Il est à souligner que cette rencontre avec les représentants de la  place financière nationale a permis de débattre des réformes financières  engagées et de leur impact sur la vie économique du pays.

Dans son intervention, M. Djoudi a expliqué que cette rencontre visait à évaluer les actions réalisées ou qui restent à réaliser en matière  notamment de l'assainissement des banques publiques, de l'offre de crédit, des  systèmes de paiement ainsi que l'évolution du marché des assurances et celui  des capitaux.

Dettes d'entreprises publiques : ''Gel'' du découvert financier d'entreprises publiques non performantes

Le directeur général du Trésor, M. Hadji Baba Ami, a indiqué hier à Alger que le découvert financier de 146 entreprises publiques non performantes a été récemment ''gelé'' en attendant l'élaboration d'un plan de redressement financier par un comité interministériel.

M. Baba Ami a fait cette déclaration à la presse en marge d'une journée d'étude organisée par le ministère des Finances sur les réformes bancaires et financières.

Selon le DG du Trésor, la situation de ces entreprises sera régularisée par un comité interministériel regroupant des représentants du département des Finances et celui de l'Industrie et de la Promotion des investissements."Un plan de redressement financier interne de ces entreprises devrait être adopté prochainement par un comité interministériel", a-t-il souligné à ce sujet. Par ailleurs, le DG du Trésor a fait savoir que les banques publiques étaient de plus en plus sollicitées par les entreprises nationales pour le financement de leurs investissements, notamment dans le secteur de la pétrochimie.  Il a reconnu, à cet effet, que les capacités de financement de ces banques demeurent très limitées en raison de la faiblesse de leur capital respectif.   Sur ce point, M. Baba Ami a préconisé l'augmentation du capital social de banques publiques et de la nécessité pour ces dernières de se constituer en consortiums pour financer les projets d'envergure.

Trois rencontres régionales à Oran, Béjaïa et Annaba.

La Direction générale du budget du ministère des Finances organise, dans le cadre de son plan d’action, trois rencontres régionales (journées d’études) à Oran, Béjaïa et Annaba, avec les responsables des services extérieurs : les directeurs régionaux du budget, les directeurs de la planification et de l’aménagement du territoire et les contrôleurs financiers auprès des wilayas.

Ces rencontres seront animées par des hauts responsables de l’administration centrale et auront pour thèmes : “L’amélioration du contrôle préalable des dépenses publiques”, “La modernisation du système budgétaire (MSB) : le budget expression de choix sur l’utilisation des ressources de l’Etat dans un cadre stratégique à moyen terme”, “La loi organique relative aux lois de finances : cadre légal de la réforme des finances publiques” et “La nouvelle organisation des services extérieurs de la Direction générale du budget”.

Article de Tout sur l’Algérie :

Algérie : les banques publiques handicapées par leur trop faible capitalisation
Les banques publiques ont-elles les capacités suffisantes pour répondre favorablement aux demandes de financement émanant des entreprises nationales ? Pour le directeur général du Trésor public, Hadji Baba Ami, la réponse est négative : les capacités de financement des banques publiques sont «limitées».

La raison ? Le directeur général du Trésor qui s'exprimait à Alger en marge d'une journée d'étude sur les réformes bancaires, a évoqué la faible capitalisation des banques publiques qui croulent toutefois sous plus de 19 milliards d'euros de liquidités. Autrement dit, les banques publiques sont riches, mais leur faible capitalisation ne leur permet pas de financer des projets d'investissements à long terme, comme ceux initiés par Sonatrach dans la pétrochimie. «Les banques publiques sont de plus en plus sollicitées par les entreprises publiques pour le financement de leurs investissements, notamment dans le secteur de la pétrochimie», a-t-il souligné.

Le directeur général du Trésor propose dans ce contexte deux solutions pour permettre aux banques publiques de financer des investissements lourds: une augmentation du capital social et la constitution de consortiums bancaires.

Par Ali Idir
 
LA TRIBUNE :

Un comité interministériel y travailleUn plan de sauvetage pour 146 entreprises publiques

Le découvert financier de cent quarante-six entreprises publiques non performantes a été «gelé». C’est une décision prise récemment par le gouvernement. Elle l’a été, en attendant la confection d’un plan de redressement financier par un comité interministériel. Cette mesure a été annoncée hier par le directeur général du Trésor, Hadji Baba Ami, en marge d’une journée d’étude sur la réforme bancaire et financière organisée au siège du ministère des Finances. Hadji Baba Ami a expliqué que ledit comité interministériel, composé de représentants du ministère des Finances et de celui de l’Industrie et de la Promotion des investissements, va travailler à la régularisation de ces entités.

Les gestionnaires de ces entreprises pourraient ainsi pousser un ouf de soulagement. Eux qui s’approchaient des banques chaque fin de mois pour leur demander de débloquer les salaires de leurs employés. Le directeur du Trésor ne dit cependant pas si c’est durable. Sur un autre registre, Baba Ami a avancé que les banques publiques étaient de plus en plus sollicitées par les entreprises nationales pour le financement de leurs investissements, citant en exemple celles opérant dans le secteur de la pétrochimie, une demande à laquelle elles ne sont pas en mesure de répondre, n’ayant pas suffisamment de capacités de financement, ni de gros capitaux. Aussi, un relèvement du capital social des banques s’impose, ainsi que le recommande le DG du Trésor. Ce dernier a préconisé également la nécessité pour les banques de se constituer en consortiums pour financer les projets d’envergure. Est-ce une formule à succès ? Certaines banques l’ont adoptée : elles se sont constituées en pools pour financer des projets de dessalement de l’eau de mer. Hadj Baba Ami a par ailleurs, et c’est dans l’exposé qu’il a fait sur la réforme bancaire et financière, objet de la journée d’étude  sus-évoquée, affirmé que des lignes de crédit à long terme seront mises à la disposition des banques publiques. Elles serviront à financer des filiales ou des sociétés dans lesquelles les banques publiques détiennent des participations. C’est une disposition incluse dans la loi de finances 2008. Décidée, elle l’a été dans le but d’accroître l’offre de financement des banques. C’est un des aspects de la réforme bancaire. La restructuration de la Banque d’Algérie de développement (BAD) a également été abordée à l’occasion de cette rencontre. Ce qui est projeté, c’est de transformer cette institution et d’en faire une agence financière du Trésor. La partie législative sous-tendant cette opération a été mise au point ou presque.

Elle devrait être bouclée avant fin 2008, selon le patron du Trésor public.

La problématique des fonds souverains s’est invitée au débat sur la réforme financière. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, s’en expliqué en marge de cette journée d’étude, soulignant que beaucoup d’opérateurs ont des incertitudes sur les marchés financiers actuellement. Le ministre a ajouté qu’un fonds souverain est un fonds d’Etat, que c’est une opération qui concerne la ressource de l’Etat. Et c’est pourquoi elle mérite évaluation et réflexion, a-t-il dit.

Dans un entretien accordé à la chaîne d’information continue, France 24, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a déclaré que l’Algérie pourrait retenir cette option des fonds souverains. Cela ne veut pas dire nécessairement copier ce que font les pays du Golfe en la matière, a-t-il précisé.

Par Youcef Salami

LE JEUNE INDEPENDANT

Banquiers et pouvoirs publics se concertent sur la question

Vers la dépénalisation de l’acte de gestion bancaire
 Il s’agit, à travers cette réflexion, d’aboutir à une démarche qui permettrait dorénavant aux banquiers d’échapper à une éventuelle condamnation par la justice pour avoir octroyé un crédit bancaire qui ne serait pas remboursé par le bénéficiaire. «La réflexion a été lancée et est en train d’être maturée», a indiqué hier le directeur général du Trésor, M. Baba Ami, lors d’une journée d’étude sur la réforme financière organisée au ministère des Finances.
La dépénalisation de l’acte de gestion bancaire est inscrite par la communauté bancaire comme étant l’un des points importants de la réforme financière et bancaire qui reste encore à réaliser, au même titre que l’assainissement du portefeuille des banques et du renforcement de leurs fonds propres.
Selon M. Baba Ami, «des niveaux de fonds propres cibles ont été arrêtés dans le cadre de la loi de finances de 2008 pour permettre aux banques d’augmenter leurs engagements et de participer notamment au financement de grands projets comme ceux de Sonatrach avec des partenaires étrangers». Selon lui, une dizaine de projets d’un montant de 28 milliards de dollars sont prévus dans ce cadre, dont deux ont été finalisés financièrement dans le domaine de la pétrochimie.
Gel du découvert bancaire pour 146 entreprises
Le DG du Trésor a, par ailleurs, indiqué qu’il est prévu, dans le cadre de la réforme, «l’assainissement du portefeuille des banques après le gel des découverts bancaires au premier trimestre 2008 pour 146 entreprises non performantes. Des audits sont réalisés pour décider quel sera le devenir de ces entreprises». Quant au cas des entreprises viables, mais déstructurées, M. Baba Ami, a ajouté : «Nous attendons leur plan de redressement afin de savoir comment prendre en charge leur découvert.»
L’autre action qui doit également être menée dans le cadre de la réforme consiste en la restructuration de la BAD (Banque algérienne de développement) qui sera transformée d’ici à la fin de l’année en agence financière du Trésor pour lequel elle agit jusque-là.
La journée d’étude devait permettre de faire un premier bilan de ce qui a été accompli dans le cadre de la réforme financière et bancaire lancée en 2004 et d’écouter les remarques et les recommandations de la communauté bancaire en la matière afin de pouvoir la compléter. Le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, qui s’est refusé à faire une quelconque évaluation, a néanmoins affirmé : «Nous avons fait des actions que nous devons les compléter», en précisant qu’«il n’y a pas de réforme sans l’écoute de la place financière». Le ministre a souhaité que «chaque banque, assurance et acteur financier soit un partenaire de l’Etat et une source de proposition et d’action». Il a également souhaité que les banques s’investissent davantage dans le marché financier en prenant des risques et en finançant davantage l’économie.
«Si l’on souhaite marquer son implication dans l’économie algérienne, on doit avoir un niveau de capital qui corresponde au mouvement d’affaires du marché algérien, car on ne peut pas venir avec un capital minimal et demander à effectuer des opérations extraordinaires.
On doit aussi participer au financement de l’économie algérienne et aux dispositifs de soutien à l’économie national lancés par le gouvernement», a déclaré M. Djoudi. S. B.
 
Par Safia Berkouk
 
LE JOUR d’ALGERIE :

Plan de mise en œuvre de la réforme financière

Les professionnels des finances corrigeront la feuille de route
 
Dans une dizaine de jours les acteurs de la place financière algérienne se retrouveront pour apporter les correctifs nécessaires à la feuille de route de mise en œuvre de la réforme financière, a annoncé hier à Alger le ministre des Finances,

M. Karim Djoudi, lors de la journée de travaux sur la réforme de son secteur.

Trois ateliers ont planché sur les matrices élaborées par l’Etat pour la mise en œuvre de la réforme financière, élaboré en 2004. Chaque atelier traitera d’un des volets de la réforme qui porteront sur les banques, les assurances et le marché des capitaux. Les professionnels évalueront ce qui a été accompli jusque-là et notamment apporteront des «critiques» et des «correctifs» à la réforme telle qu’elle a été élaborée par l’Etat. M. Djoudi a indiqué que «dans dix jours, des discussions auront lieu sur chaque volet et apporteront des corrections à la feuille de route de la réforme financière». En marge de la journée d’études, le ministre du secteur a parlé d’une valeur d’investissement des banques de seulement 25% et a espéré que ces banques atteignent le niveau de capital que le niveau d’affaires sur la place financière algérienne, participent au financement de l’économie et que l’Etat mette des dispositifs particuliers de financement des banques. Il a estimé dans l’ensemble que
«les matrices sont cohérentes telles que mises en œuvre en 2004». Et d’ajouter qu’elle a apporté un certain nombre de choses comme l’élargissement de la gamme de produits proposés par les banques et la création de la caisse de garantie des crédits aux PME, opérationnelle en 2008. Pour sa part, le directeur général du Trésor, M. Hadji Baba Ami, a fait un large exposé sur la réforme financière. Une batterie de textes est en cours de préparation et la création de plusieurs agences et centrales dans différents domaines bancaires, assurances et le marché de capitaux. Par ailleurs, le DG du trésor a précisé que le marché obligataire a cumulé plus de 300 milliards de DA. Ces travaux sont, pour lui, une «symbiose entre celui qui fixe la règle et celui qui l’exécute».        
Ouverture du capital du CPA

«Nous attendons d’avoir une meilleure visibilité de la situation sur la place financière internationale et d’avoir nos appréciations sur les impacts sur les marchés et sur les partenaires candidats qui devraient prendre des parts dans le capital du Crédit populaire d’Algérie (CPA)». En d’autres termes, la privatisation du CPA n’est pas abandonnée et le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, vient de réitérer, en marge de la rencontre sur le plan de mise en œuvre de la réforme financière, que «le gouvernement algérien a eu raison d’avoir été prudent» en faisant marche arrière sur l’ouverture du capital de cette banque publique.

«La création d’un fonds souverain nécessite une bonne évaluation»

Interroge sur la déclaration du ministre de l’Energie et des mines, M. Chakib Khelil à propos de la création d’un fonds souverain, M. Djoudi, ministre des Finances a répondu, en marge des travaux sur la réforme financière, que «le fonds souverain est un fonds détenu par l’Etat» dans lequel sont injectées les réserves de change et, de ce fait, «sa création nécessite une bonne évaluation des risques». C’est pourquoi, M. Djoudi estime que ce n’est pas encore le moment de créer ce fonds en raison de l’impact de la crise financière internationale.

150 entreprises non performantes pour une dette de 300 milliards de DA

Selon le DG du trésor, M. Hadji Baba Ami, 150 entreprises sont non performantes, sans plan de charge et dont la dette est évaluée à 300 milliards de DA. A ce sujet, il a signalé que les autorités financières attendent les plans de redressement des entreprises. Entre temps, leur découvert financier a été récemment «gelé». Par ailleurs, un conseil interministériel qui réunira prochainement le ministère des Finances et celui de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement, tranchera sur la privatisation des entreprises publiques et un plan de redressement sera adopté. S’agissant du financement des grands projets, les banques publiques ont été de plus en plus sollicitées, a relevé le DG du trésor qui a parlé de trois options : le renforcement des fonds propres des banques, la création de consortium pour partager les risques et enfin la technique de transformation des actifs comme dans le cas des unités de dessalement d’eau de mer. Trois projets pétrochimiques (d’ammoniac) sont déjà financés sur des ressources internes, dont deux par un consortium dont les deux chefs de file respectifs sont la BEA pour le premier et le CPA pour le second, alors que le troisième sera financé par un autre consortium dont le chef de file est la BNA.

Par Fella M.
 
LE MAGHRB :
Le ministre des Finances exhorte les banques à contribuer au financement de l'investissement

Une croissance hors hydrocarbures de 6,4%
L'Algérie a enregistré un taux de croissance hors hydrocarbures sans précédent estimé à 6,4%. C'est ce qu'a déclaré, hier, le ministre des Finances, Karim Djoudi, en marge de  l'ouverture de la journée d'étude sur l'évaluation des réformes bancaires et financières mises en œuvre depuis 2004.

Le premier  argentier du pays s'est penché sur les diverses facettes de la réforme qui sont la réforme bancaire, la réforme du secteur des assurances, et le marché financier. En effet M. Djoudi a affirmé que le marché algérien est en mouvement mais il n'a pas atteint un niveau suffisant en ce qui concerne le nombre d'acteurs et de produits bancaires. Interrogé sur l'éventuelle création d'un fonds souverain, Djoudi s'est montré très prudent sur cette question en admettant  que la création de cette catégorie de fonds de placement exigeait un profond examen. C'est une idée à laquelle il faut bien réfléchir car il faut avoir les moyens, les ressources humaines et mettre en œuvre éventuellement des partenariats pour essayer de décider où et comment investir, si on doit le faire à l'extérieur. Or, plusieurs experts financiers se sont prononcés  en faveur de la création d'un fonds. Aussi,  cette question est liée à la polémique remise au goût du jour après la déclaration de Chakib Khelil, ministre de l'Energie  et des mines, qui s'est dit favorable à la création d'un fonds souverain d'ici 4 à 5 ans pour la gestion des 110 milliards de dollars de réserves de change dont dispose le pays. Dans ce sillage, beaucoup de voix se sont élevées il y a quelques mois contre le placement de ces réserves en bons du Trésor américain à cause, notamment, de la dévaluation du dollar. En outre, et s'agissent des trois volet de la réforme, et pour ce qui est du premier volet, celui des banques et des moyens de financement, M. Djoudi a mis l'accent sur les banques et les opérateurs économiques lesquels doivent augmenter leur capital et prendre des risques pour intensifier les activités et le financement de l'économie nationale,  et ce, afin de conforter le mouvement d'investissements qui est en croissance en Algérie. Dans ce sens, l'argentier a déclaré que la participation des banques aux investissements est estimée à 25 %, tout en rappelant les dispositifs et les politiques  initiés par l'Etat pour soutenir l'économie nationale. Par ailleurs, le ministre à mis en exergue la nécessité de développer le cadre juridique en matière des paiements bancaires, notamment de la monétique, de doter le Trésor algérien d'un système de paiement de type bancaire et de trancher la question de la généralisation d'un système d'identification bancaire afin de mettre fin aux contraintes que les investisseurs étrangers trouvent. Selon lui, la réforme bancaire s'intègre dans un ensemble de la réforme financière. Sur la question de l'ouverture du capital du Crédit populaire d'Algérie (CPA), l'argentier du pays a réaffirmé encore une fois que l'arrêt de l'opération d'ouverture du capital de cette banque est une mesure préventive prise par les autorités publiques pour protéger le marché. Avant d'ajouter qu'aucune échéance n'a été fixée pour la reprise du processus, tout en rappelant qu'il y a eu une crise sur le marché hypothécaire américain, ce qui a causé des pertes considérables aux banques internationales. Ce qui pousse  l'Algérie a être attentive, afin d'avoir une certaine visibilité sur ces pertes et savoir comment les stratégies de ces banques ont évolué. Et c'est à partir de ce moment également que l'Algérie va apprécier le processus d'ouverture du capital. L'évaluation sera également faite sur la base des bilans des banques étrangères qui sera clarifiée, pour connaître l'impact des risques. Sur cette base, sera effectuée la démarche de l'Algérie qui sera, selon le ministre, la plus pragmatique et la plus prudente possible. A noter également qu'une réunion  avec les participants aux ateliers de travail aura lieu dans dix jours pour faire le bilan des réformes et leur évaluation.

Par Hamid Si Salem
 
 
Le QUOTIDIEN d’ORAN :
Entreprises non performantes: L'Etat ferme les vannes
Le ministère des Finances a demandé aux banques privées de déterminer plus leur niveau d'engagement sur le marché, en augmentant leur capital minimum et en participant aux différents dispositifs d'insertion mis en place par l'Etat.
Le Trésor public a, pour sa part, décidé de geler les découverts financiers des entreprises publiques non performantes.
Ouverte par Karim Djoudi, ministre des Finances, la journée d'étude sur les réformes bancaires et financières a été organisée, disent les responsables du secteur, en marge des travaux, «pour souligner, en premier, que la réforme bancaire existe, noir sur blanc, et que ce n'est pas une simple vue de l'esprit.» C'est, rappellent-ils, «tout un programme lancé en 2004 qui a bénéficié d'ajouts, au fur et à meure, des rencontres qui ont été organisées avec l'ensemble des structures concernées; ce qui a permis de recueillir leurs appréciations pour compléter la matrice des réformes.»
Hier, le ministre a décidé de mettre en place trois ateliers dans chacun desquels se regrouperont les banques, les marchés des capitaux (COSOB, Trésor, obligations intermédiaires...) et les assurances issues des secteurs public et privé. «Ces ateliers travailleront pendant 10 jours sur la matrice des réformes pour voir ce qui a été réalisé en la matière et ce qui doit l'être dans l'avenir,» nous dit-on. Il est donc question pour ces ateliers, selon nos interlocuteurs des finances, «de présenter des amendements, de compléter ou de corriger la matrice, à la lumière des réalisations en matière de réformes et de celles à venir.»
Pour la tutelle, «entreprise, suivie et évaluée, au fur et à mesure, des étapes qu'elle franchit, la réforme bancaire et financière a déjà pris l'ancrage nécessaire pour assainir, relancer et moderniser le secteur.»
Présent à la journée d'étude d'hier, le directeur général du Trésor, Hadj Baba Ami, a fait savoir, en aparté à la presse, que l'Etat a décidé de geler les découverts financiers de 146 entreprises publiques non performantes «en attendant l'élaboration d'un plan de redressement financier qui sera décidé par un comité interministériel.» Baba Ami a expliqué que ce comité sera composé de représentants du ministère des Finances ainsi que celui de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement et sera chargé prochainement d'adopter un plan de redressement financier pour régulariser la situation interne de ces entreprises.
L'on nous précise, au niveau de la tutelle, que la décision du gel n'est pas chose nouvelle. L'Etat y a déjà recouru par le passé. «Il le fait quand il s'aperçoit que des entreprises publiques travaillent à perte ou tournent avec trois ou quatre employés seulement,» nous dit-on. «Sur, à peu près, 1.000 entreprises, l'Etat en a dénombré deux catégories: la première de près de 200 entreprises classées viables et la seconde de 146 autres jugées non viables,» est-il noté.
 
Des préalables pour les banques privées
Pour ce qui est du groupe «viable», «c'est-à-dire les entreprises qui ont des perspectives de marché, celles qui sont en mesure de répondre au plan de charges du marché et de créer de l'emploi, elles bénéficieront d'un plan de redressement, et intervenant comme levier de l'activité économique, l'Etat rachètera leurs dettes et leur accordera un fonds de roulement, ce qui leur permettra de consolider leur viabilité,» explique-t-on. Tandis que pour ce qui est des 146 entreprises non viables «ce sont des entreprises qui ont un passif (charges et dettes) supérieur à l'actif (ce qu'elles possèdent comme revenus, patrimoine...). Dans ce cas, l'Etat gèlera leurs découverts financiers et prendra en charge les agios, c'est-à- dire les intérêts de ces dettes, entre temps, elles auront, elles aussi, droit à des plans de restructuration ou à des mises en partenariat pour les fouetter, on les laisse donc en activité,» est-il souligné.
Ces entreprises jugées non performantes seront, pour ainsi dire, quasiment mises en demeure «pour être reprises en mains soit par la restructuration ou alors par le partenariat, mais si leur relance n'est pas réussie, elles disparaîtront,» indiquent nos interlocuteurs. «Si ce gel leur permet une relance personne n'est contre, ce qui ne veut pas dire que leurs dettes sont effacées; elles auront, cependant, une relation normale avec les banques, elles peuvent donc prétendre aux crédits, elles doivent être reprises en mains d'une manière convenable,» nous dit un ancien responsable des holdings publics.
Le DG du Trésor a eu, par ailleurs, à noter que les entreprises nationales s'appuyaient majoritairement sur les banques publiques pour obtenir le financement de leurs investissements «notamment pour le secteur de la pétrochimie.» Il estime en parallèle, que la faiblesse du capital respectif des banques publiques limite sensiblement leurs capacités de financement. Pour y remédier, Baba Ami suggère l'augmentation du capital social de ces banques, tout en soulignant la nécessité pour ces dernières, de se constituer en consortiums pour financer les grands projets.
Les banques privées ont, elles aussi, eu droit à «un message» des responsables du secteur. Pris en aparté, l'un des responsables du secteur estime qu'il est devenu nécessaire aux banques privées installées en Algérie d'avoir un capital plus important pour pouvoir peser dans le marché. Il fait savoir qu'il existe pour cela trois «préalables» à savoir, en premier, penser à l'augmentation de leur capital minimum qui est actuellement de 2,5 milliards de dinars. «Il faut mettre plus en matière de capital ou de règles prudentielles pour développer leurs capacités d'intervention et déterminer davantage leur niveau d'engagement sur le marché,» nous dit-on du côté du ministère des Finances.
Ce dernier appelle aussi les banques privées à «croître leur part de financement à l'économie nationale en accordant plus de crédits aux entreprises et à l'investissement.» Elles doivent, par ailleurs, selon nos interlocuteurs, «participer aux dispositifs mis en place par l'Etat comme la CNAC, l'ANSEJ et autres micro-crédits.» Les responsables du secteur ne manquent pas de demander à ces entités privées de constituer «une force de proposition à l'Etat en lui suggérant des montages financiers, des centres de formation pour les personnels des banques...»
 
Par Ghania Oukazi
 
L’EXPRESSION :
EN RAISON DE LEUR NON-PERFORMANCE

Les comptes de 146 entreprises gelés

Les banques publiques étaient de plus en plus sollicitées par les entreprises nationales pour le financement de leurs investissements.

Les comptes de 146 entreprises publiques non performantes ont été récemment «gelés». L’annonce a été faite par Hadji Baba Ami, directeur général du Trésor. Celui-ci, intervenant hier, à Alger, en marge de l’ouverture de la journée d’étude sur les réformes bancaires et financières en Algérie, a affirmé que la situation de ces entreprises sera régularisée par un comité interministériel regroupant des représentants des départements des finances et de l’industrie et de la promotion des investissements.

Le directeur général a fait savoir que les banques publiques étaient de plus en plus sollicitées par les entreprises nationales pour le financement de leurs investissements, notamment dans le secteur de la pétrochimie. Il a également reconnu, à cet effet, que les capacités de financement de ces banques demeurent très limitées en raison de la faiblesse de leur capital respectif.

M.Baba Ami a préconisé l’augmentation du capital social des banques publiques et la nécessité pour ces dernières de se constituer en consortiums pour financer les projets d’envergure. Par ailleurs, la création d’un fonds souverain ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement.

D’une part, Karim Djoudi, ministre des Finances, présent sur les lieux, a déclaré que «nous avons une crise sur le marché international qui tend à se propager sur les marchés européens et qui augure les chutes de croissance». Cette déclaration sous-entend que la création de ce fonds est conditionnée par la bonne ou mauvaise santé du marché international; il avait d’ailleurs expliqué que la crise financière internationale générée par les crédits hypothécaires à haut risque a touché directement ou indirectement les groupes bancaires internationaux. D’autre part, lors de son dernier passage sur la chaîne de télévision France 24, Chakib Khelil, ministre de l’Energie et des Mines, a indiqué que «l’Algérie pourrait se doter de fonds souverains dans 4 ou 5 ans pour financer des activités à l’extérieur du pays».

A travers ses déclarations, M.Khelil avait estimé que la création d’un fonds souverain en Algérie nécessitait «une décision économique dont il faut évaluer l’opportunité», ajoutant que les risques auxquels font face ces fonds «doivent être appréciés» minutieusement. Deux ministères-clés du gouvernement, deux déclarations différentes!
A propos de l’ouverture du capital des banques, notamment le CPA et la BDL, le ministre joue la carte de la prudence. Le processus de privatisation a été suspendu. «Officiellement, pour des raisons liées à la crise des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, nous avons préféré être prudents.» Rappelons que le processus de privatisation du CPA a été reporté depuis la fin novembre 2007.

Pour ce qui est du taux de croissance hors hydrocarbures, il a atteint 6,4%. «C’est une croissance appréciable par rapport aux pays émergents», a estimé M.Djoudi. L’investissement dans des secteurs hors hydrocarbures commence à prendre de l’importance; d’ailleurs, le président de la République invite les grandes entreprises à apporter leurs capitaux et venir investir en Algérie. Il invite à chacun de ses déplacements internationaux les grandes firmes à s’engager davantage en Algérie à travers l’investissement direct.

La rencontre de travail que le ministre des Finances a présidée, a débouché sur l’installation de trois ateliers de travail, à savoir «les réformes bancaires», «les réformes dans le secteur des assurances et le marché financier», «perspectives et développement». Ces ateliers ont pour mission d’étudier, d’expliquer et de décrypter ces réformes pendant dix jours. Les assureurs et les banquiers présenteront leurs rapports au ministre des Finances.
 
Par Abbas AÏT HAMLAT
 
LIBERTE :
Financement de l’investissement

Appel à une plus grande implication des banques

Le gouvernement souhaite une participation plus active des banques et des sociétés d’assurance au financement de l’économique. C’est du moins ce qui ressort de l’intervention du ministre des Finances, à l’ouverture de la journée d'étude sur la réforme bancaire et financière organisée hier au siège du ministère des Finances, à Alger. “La place algérienne est une place extrêmement rentable. Il y a une croissance très forte de l’économie nationale. C’est un pays émergent qui est en train de connaître un développement appréciable. Ceux qui veulent participer à ce marché doivent prendre les risques nécessaires et marquer d’une façon significative leur intérêt pour le marché”, souligne le grand argentier du pays. M. Karim Djoudi explique que la rencontre a pour objectif d’évaluer le chemin parcouru, depuis 2004, en matière de réformes bancaire et financière, mais surtout “d’avoir le retour d’écoute de la place”. Trois ateliers, réformes bancaires, marché financier et perspectives et développement et réformes des assurances, ont été mis en place, chargés d’évaluer les mesures de réformes mises en œuvre jusque-là et de proposer des actions concrètes. Le ministre a donné rendez-vous dans dix jours aux acteurs de la place, pour formuler leur critique et les actions à prendre. M. Karim Djoudi a affirmé que la réforme bancaire a apporté un certain nombre de réponses. Cependant, le grand argentier reconnaît l’existence des suffisances, au niveau des banques, de l’environnement des banques mais aussi au niveau de ceux qui demandent les crédits. Le directeur général du Trésor, M. Hadji Baba Ami, a énuméré les actions entreprises à la réforme bancaire et financière et celles qui restent à mettre en œuvre. M. Hadji Baba Ami annonce le renforcement des fonds propres des banques. “Un niveau cible de fonds propres a été arrêté pour chaque banque, pour leur permettre de financer des grands projets”, précise le directeur général du Trésor, sans donner de précision. Il cite dans ce cadre les projets de Sonatrach (10 projets) estimés à 28 milliards de dollars. Deux accords de financement ont été déjà conclus. Un troisième est prévu en octobre. Les capacités de financement des banques algériennes sont très limitées en raison du niveau très faible de leur capital et de leurs fonds propres. Le directeur du Trésor annonce la poursuite de l’assainissement du portefeuille des banques. Dans ce cadre, M. Baba Ami parle de gel de découvert des entreprises déficitaires en attendant de se fixer sur leur sort. Les entreprises viables seront assainies, précise le directeur général du Trésor. “Des plans de redressement financier internes doivent être présentés par ces entreprises pour être adoptés prochainement par un comité interministériel”, relève M. Baba Ami. Le directeur général du Trésor cite aussi comme mesure la transformation des ressources courtes des banques en ligne de crédit à long terme. Par ailleurs, la Banque algérienne de développement (BAD) sera transformée, d’ici la fin de l’année, en une agence de financement du Trésor. Toutes ces mesures pourraient augmenter la capacité d’intervention de banques dans le financement des grands projets. Dans le cadre de la mise à niveau de la fonction crédit, le directeur général du Trésor évoque la mise en place dans chaque banque d’une centrale de gros clients et de mauvais clients. Les pouvoirs publics comptent aussi agir sur le banquier, en le rassurant, sur le plan juridique mais aussi sur le plan matériel. Une réflexion sur la dépénalisation de l’acte d’octroi de crédit est engagée. M. Baba Ami parle aussi de la mise en place d’un nouveau système de rémunération pour atténuer les départs des cadres qualifiés vers le secteur bancaire privé. Le directeur général du Trésor, dans le cadre du développement du crédit immobilier, évoque la mise en place de la centrale de risque particulier. Concernant la Bourse, M. Hadji Baba Ami, tout en soulignant le dynamisme du compartiment obligataire, annonce qu’un groupe de travail des finances et du ministère de l’Industrie se penche sur une liste d’entreprises à privatiser par la Bourse. Interrogé sur la possibilité pour l’Algérie de lancer un fonds souverain, le ministre des Finances s’est montré prudent. “Toute opération nécessite une évaluation du marché et des risques”, a répondu le ministre des Finances, expliquant que les fonds souverains s’investissent en actif financier qui  sont traditionnellement à risque.

Par Meziane Rabhi

LE SOIR d’ALGERIE :

BANQUES : Vers la dépénalisation de l’octroi de crédits

Une réflexion sur la dépénalisation de l’acte d’octroi de crédits fait l’objet d’une réflexion dans la place bancaire. La recapitalisation des banques publiques et l’assainissement de leurs portefeuilles seront approfondis.

Chérif Bennaceur- Alger (Le Soir)- Lancée et mise en œuvre depuis 2004, la réforme financière et bancaire a suscité, selon le directeur général du Trésor, Hadji Babaâmmi, une appréciation positive de la part des institutions internationales. Hier, au siège du ministère des Finances, devant un auditoire représentatif de l’establishment bancaire et financier, le directeur général du Trésor a constaté que la stratégie définie et mise en œuvre dans le cadre de cette réforme, est «globale et adéquate». Il a également relevé «une maturation des esprits en profondeur». Toutefois, en dépit de ses avancées, la réforme impulsée nécessite davantage de maturation et d’évaluation. Cela dans le cadre de la concertation entre les autorités de tutelle et de régulation et de supervision et les acteurs bancaires, assurantiels et financiers tant publics que privés.

Les acteurs bancaires ont 10 jours pour évaluer la réforme

A ce titre, le ministère des Finances a soumis hier des «matrices» sur la réforme que ces différents acteurs doivent discuter et enrichir par leurs critiques et propositions. Trois ateliers (réforme bancaire, marché des capitaux et assurances) ont été mis en place. Des recommandations seront formulées et soumises dans une dizaine de jours, selon le ministre des Finances, Karim Djoudi, hôte de cette réunion. Il s’agit de progresser davantage dans la mise en œuvre de cette réforme, selon le grand argentier du pays. Karim Djoudi a ainsi invité tous les acteurs de la place à s’impliquer de manière effective dans le financement de l’économie, leur niveau «conséquent» de capitaux devant correspondre au mouvement du marché et au regard d’un retour sur investissements de l’ordre de 25%. Mais aussi d’inciter ces opérateurs à participer aux dispositifs mis en place par l’Etat au titre de la facilitation.

3 800 milliards de dinars dans le Fonds de régulation

Cela étant, le directeur général du Trésor a largement présenté lors de cette réunion le programme de réformes financières et bancaires. Au-delà de l’explication de toutes les actions de réforme déjà mises en œuvre et celles à engager, l’intervention du directeur général du Trésor a fait ressortir un montant de 3 800 milliards de dinars environ accumulés par le Fonds de régulation des recettes (FRR). Un fonds de «stérilisation des liquidités» et qui a «absorbé en grande partie la fiscalité pétrolière » et représente «deux fois le montant des reprises de liquidités par la Banque d’Algérie», selon Hadji Babaâmmi.

Des lignes de crédit à long terme du Trésor

Autre fait saillant, une réflexion sur la dépénalisation de l’acte d’octroi de crédits bancaires fait l’objet d’une réflexion et d’appel à proposition de la part de la place bancaire. En outre, les banques pourraient bénéficier de la transformation par la Banque d’Algérie de leurs ressources à terme en ressources à long terme (sur 15 ans). Cela grâce à la mise en place de lignes de crédit de long terme du Trésor. D’autre part, le code de commerce, en cours de révision, devrait intégrer les titres de créances négociables TNC (billets de trésorerie, certificats de dépôt et bons à moyen terme négociables). Un texte juridique est en cours d’élaboration à ce propos.

Révision de l’article 104 de la loi sur la monnaie

Comme il est question de la révision de l’article 104 de la loi sur la monnaie et le crédit concernant le financement des filiales des banques. Une révision à l’initiative de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (Abef) selon le délégué général de cette dernière. Egalement, le redéploiement avant la fin 2008 de la Banque algérienne de développement (BAD) en agence financière du Trésor.

Vers la recapitalisation des banques

Outre la «modification» des statuts des banques publiques et l’évaluation de l’action de leurs conseils d’administration, il sera également question de la recapitalisation de ces banques. A l’instar de la Banque de l’agriculture et du développement rural, qui a obtenu un montant important de capitaux nouveaux (15 milliards de dinars), les autres banques seront également recapitalisées selon des niveaux cibles et leurs ratios de solvabilité. Et ce qui permettrait aux banques de consolider leurs fonds propres, d’assurer leurs engagements et de pouvoir participer par elles-mêmes ou dans le cadre de consortiums, au financement des grands projets énergétiques, pétrochimiques et autres.

En attendant les plans de redressement des entreprises déstructurées
De même, l’assainissement du portefeuille des banques publiques se poursuivra. A ce propos, M. Babaâmmi a rappelé le gel des découverts bancaires pour les entreprises non performantes (au nombre de 146) et l’évaluation de leur situation. Concernant les entreprises viables mais déstructurées financièrement, le directeur général du Trésor a indiqué qu’un dossier est finalisé en conseil interministériel. En collaboration avec le ministère de l’Industrie, le ministère des Finances attend de connaître les plans de redressement financier interne de ces entreprises avant de définir des orientations en matière d’assainissement du portefeuille.

PRIVATISATION DU CPA ET CRÉATION DE FONDS SOUVERAINS:

Pas tant que les incertitudes financières internationales perdurent

En marge de cette réunion, le ministre des Finances, Karim Djoudi, a estimé que l’attitude de prudence qui a justifié la suspension du processus de privatisation du CPA est justifiée. Ainsi, tant que les incertitudes financières internationales perdurent et se propagent et que l’impact de ces turbulences n’est pas appréhendé exactement, la relance de ce processus n’est pas encore à l’ordre du jour. C’est également le cas concernant la création d’un fonds souverain par l’Algérie, une proposition souhaitée par d’aucuns mais qui cependant dépend, selon Karim Djoudi, d’une bonne appréciation de la situation des opérateurs et du marché financier international avant d’y risquer des actifs d’Etat.

Par C. B.

HORIZONS :

BANQUES, ASSURANCES, MARCHÉS FINANCIERS

Trois ateliers installés pour évaluer la réforme
M. Karim Djoudi, ministre des Finances, a procédé hier à l’ouverture d’une journée d’étude sur l’évaluation des programmes de réformes de la sphère économique et financière.

Il s’agit pour le ministre des Finances de faire une sorte de bilan critique de la manière dont les réformes qui ont débuté en 2004 ont été menées et de «sortir avec des propositions».

Trois ateliers ont été d’ores et déjà installés, hier, le premier portant sur les banques, le second sur les assurances et enfin le troisième sur le marché de capitaux.

Les responsables des institutions financières, PDG des banques, des sociétés d’assurance et de la Bourse auront dix jours pour «corriger la feuille de route des réformes» et transmettre des observations à l’argentier du pays qui aura une rencontre à part avec chacun des responsables des ateliers.

Ainsi, l’atelier qui sera chargé de réfléchir sur le volet de la réforme des banques est présidé par M. Djellab, PDG du CPA, la première banque publique qui devait s’ouvrir au partenariat international à travers la privatisation. Il sera assisté d’un directeur au Trésor. M. Djellab représente également la puissante Association des banques et établissements financiers (ABEF) qui participe activement à tout débat lié à la stratégie de réforme bancaire et financière menée en Algérie. Le second atelier portera, lui, sur la situation du marché financier et les perspectives de son développement, il sera animé par les deux PDG des institutions boursières, M. Ismail Noureddine de la Commission des opérations boursières (COSOB) et M. Ferfera de la Société de gestion de la bourse des valeurs mobilières (SGBV).

Enfin, l’atelier portant réflexion sur la réforme du secteur des assurances sera confié au PDG de la SAA, M. Latrous, également président de l’Union des assureurs secondé par un directeur du Trésor.

M. Djoudi a invité les cadres des secteurs concernés, PDG des banques publiques et sociétés d’assurances à prendre le compte rendu sur les actions engagées dans le cadre de la réforme bancaire et financière comme «plate-forme de travail». Ce compte rendu sera largement repris dans une conférence du DG du Trésor.

Le ministre des Finances a estimé que les réformes engagées depuis 2004 ont surtout permis «d’introduire de la bonne gouvernance au sein des banques publiques, l’assainissement de leur portefeuille, d’équilibrer le rapport privé-public en matière de création de banques, élargir les produits financiers…». Mais, il reste selon lui «des insuffisances» qui se situent à trois niveaux, primo la banque elle-même, l’environnement financier et en dernier les demandeurs de crédits qui «doivent offrir des garanties» pour l’obtention des crédits.
M. Djoudi défend les acquis en soulignant que le marché financier est en nette «croissance moyenne de 15 à 16% par an», les ateliers devront souligner les insuffisances.

A une question sur l’apport des investisseurs étrangers dans le domaine bancaire notamment, le ministre des Finances a résumé les objectifs attendus de leur participation à savoir, «le financement de l’économie, s’intégrer aux dispositifs de crédits mis en place par l’Etat», en un mot prendre des risques….
Quant à l’opération de privatisation du CPA, il a défendu la position du gouvernement qui a fait prévaloir «la prudence» en raison de la crise financière internationale et ses répercussions sur notre système bancaire. Et «elle se vérifie», ajoute M. Djoudi, de par les informations qui nous viennent de ce marché.

Autre question posée au ministre, l’idée de créer un fonds souverain qui a été lancée par le ministre de l’Energie lors de ses sorties médiatiques. Là également, il répondra que toute opération (du genre) nécessite au préalable «une bonne évaluation» du marché. Le marché des capitaux inscrit aux débats devra enfin plancher sur la manière de bien relancer la Bourse comme marché de capitaux et outil de privatisation.

par Kaddour D.

«Gel» du découvert financier de 146 entreprises publiques non performantes

Le directeur général du Trésor, M. Hadji Baba Ami, a indiqué hier à Alger que le découvert financier de 146 entreprises publiques non performantes a été récemment ''gelé'' en attendant l'élaboration d'un plan de redressement financier par un comité interministériel. M. Baba Ami a fait cette déclaration à la presse en marge d'une journée d'étude organisée par le ministère des Finances sur les réformes bancaires et financières.
Selon le DG du Trésor, la situation de ces entreprises sera régularisée par un comité interministériel regroupant des représentants du département des Finances et celui de l'Industrie et de la Promotion des investissements. "Un plan de redressement financier interne de ces entreprises devrait être adopté prochainement par un comité interministériel", a-t-il souligné à ce sujet. Par ailleurs, le DG du Trésor a fait savoir que les banques publiques étaient de plus en plus sollicitées par les entreprises nationales pour le financement de leurs investissements, notamment dans le secteur de la pétrochimie. Il a reconnu, à cet effet, que les capacités de financement de ces banques demeurent très limitées en raison de la faiblesse de leur capital respectif. Sur ce point, M. Baba Ami a préconisé l'augmentation du capital social de banques publiques et de la nécessité pour ces dernières de se constituer en consortiums pour financer les projets d'envergure.